lundi 18 février 2008

Alléluia !

Alléluia ! Je n’y croyais pas mais maintenant j’en suis sûr. Dieu existe ! Il se passe actuellement quelque chose d’extraordinaire dans notre belle nation. C’est presque le retour de la Révolution mais sans la Terreur, je vous rassure.

J’ai récemment senti un changement… Non ! Un frémissement dans les mentalités.

Il y a 2 ou 3 jours, je me rasais en écoutant Europe 1 (je vous épargne les détails scabreux). Le journaliste parlait du dynamisme du marché de l’emploi chez les cadres en France - avec un taux de chômage de 3%. Il mettait en avant les difficultés de recrutement des entreprises et des cabinets.

J’ai failli me couper en entendant parler un responsable de l’APEC (Et oui je vis dangereusement !).Ce dernier disait que, pour pallier aux pénuries de cadres, les entreprises évaluent de plus en plus le savoir-être des candidats. Ouah ! J’ai vérifié si mon poste de radio ne captait pas une onde anglaise.

Mais qu’est-ce que le savoir-être me direz-vous?

Le recruteur tient compte de deux aspects majeurs d’une candidature, le savoir-faire et le savoir-être. On évalue d’abord le savoir-faire grâce au CV : formations, expériences, compétences techniques, linguistiques, etc. Puis on évalue le savoir-être du candidat lors de l’entretien de recrutement. Le savoir-être correspond aux compétences comportementales de l’individu : dynamisme, motivation, enthousiasme, ouverture d’esprit, capacité à travailler en équipe, résistance à la pression, leadership, rapport à la hiérarchie, etc.

Selon le responsable de l’APEC, les entreprises ne recherchent plus uniquement des profils formatés qui sortent d’écoles de commerce ou d’ingénieurs. Elles s’intéressent également aux candidats qui sortent de l’université, et pas seulement de cursus en économie, droit et gestion. Les recruteurs commencent à s’intéresser à des candidats qui sont issus de cursus plus littéraires.

Le professionnel du recrutement que je suis est un ardent défenseur des profils atypiques. Je tente régulièrement de convaincre mes clients, RH et managers, de recruter des profils moins normés. Et j’y arrive de temps en temps. En prônant l’évaluation de potentiels et l’importance du savoir-être, je ne cherche pas seulement à exprimer mon humanisme. Je fais écho à une logique de marché.

Les clones, candidats diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieurs expérimentés entre autres, sont très demandés par les entreprises. Les Baby Boomers partent à la retraite. Nous nous trouvons donc dans un environnement en pénurie sur certains secteurs. Deux solutions : une absurde et une réaliste. Soit on trouve un moyen d’imposer à tous les Français des études en écoles de commerce ou d’ingénieurs. Soit les recruteurs décident d’élargir leurs critères de sélection en évaluant les savoir-être des candidats. Cette solution réaliste se pratique très largement au Royaume-Uni.

Notre nation dispose d’un vivier de plusieurs dizaines de milliers de candidats « atypiques » qui ne demandent qu’à faire des métiers pour lesquels ils ne sont pas initialement formés. Combien d’entre-nous avons fait à 18 ans des choix d’études qui ne correspondent pas à nos professions ? Au Royaume-Uni, on peut très bien avoir une formation en Histoire Ancienne et travailler comme consultant dans un cabinet d’audit.

Pour pallier aux pénuries de cadres, il faut faire évoluer les méthodes de recrutement vers plus d’évaluation de potentiels. Centrer la sélection d’un candidat sur son savoir-être quand il n’a pas le savoir-faire requis me paraît logique, pragmatique.

Pour le moment, les recruteurs qui obéissent à cette logique sont rares. Mais je suis sûr qu’ils vont être de plus en plus nombreux à le faire. Patience.

Avant il fallait savoir-faire et faire savoir. Maintenant il faut savoir-être pour faire savoir.

vendredi 8 février 2008

Qu’est-ce qu’elle a ma Google ?!

Vous avez sans doute entendu parler du name googling, ce petit jeu qui consiste à taper le nom de quelqu’un dans le célèbre moteur de recherche Google.

Ça peut être amusant de tuer le temps en tapant le nom de ses amis, des membres de sa famille, de ses collègues, de ses clients et de son coiffeur dans Google. On peut parfois découvrir des surprises, bonnes ou mauvaises.

Mais c’est beaucoup moins marrant d’imaginer un recruteur faire la même chose avec votre nom.

Vous vous souvenez de cette fameuse soirée où vous portiez une perruque rose en dansant le jerk ? Non ? Eh bien, un de vos amis a eu l’excellente idée de prendre plusieurs photos de vous dans des postures que la morale réprouve et de les placer dans son blog. Bien sûr, il a pris soin d’écrire votre nom sous une des photos.

Pire encore. Vous avez écrit des poèmes érotiques pour le site web d’une association littéraire il y a cinq ans. Et bien sûr, vous n’avez pas choisi de pseudonyme. Mais aujourd’hui, vous présentez votre candidature à un poste de contrôleur de gestion dans un groupe prestigieux.

Vous pensez que tout ça ne fait pas sérieux. C’est vrai !
C’est bien de ne pas se prendre au sérieux… mais avec modération. Parce que l’identité virtuelle ou numérique est un sujet sérieux.

Il est évident que le name googling peut être utilisé par les recruteurs. Mais ils savent - en théorie - faire la part des choses entre vie privée et vie publique (Mireille, si tu nous entends !).

Pour que votre cyber réputation ne se transforme pas en mauvaise réputation, réfléchissez aux conséquences de vos actes. N’oubliez pas que les traces sont tenaces sur la toile.

Une question vous brûle les lèvres. Est-ce que Frédéric Makhlouf (qui se prend pour Delon) tape le nom des candidats dans Google quand il fait un recrutement ? Et il vous répond : ça peut lui arriver… parfois. Ce n’est pas systématique. Je ne vérifie que les aspects professionnels d’une candidature.

En revanche, ça ne m’est jamais arrivé de tomber sur des infos abracadabrantes sur un candidat. Et même si ça m’arrivait, je prendrais du recul. Je trouve souvent des liens vers leur profil sur des réseaux sociaux (Viadeo, Linkedin, Xing) ou sur leur blog professionnel.

Le professionnel du recrutement que je suis vous invite à contrôler votre identité virtuelle et d’en faire un atout pour vous faire recruter. Vous pouvez également lire l‘excellent article, L'identité virtuelle au service de l'emploi, du site jobmanager.fr sur ce sujet.

Un blog, un profil soigné et accrocheur sur plusieurs réseaux sociaux et des articles sur des sites professionnels liés à votre activité vous permettront de mieux convaincre les recruteurs.

Et là, vous ne vous demanderez plus : « Qu’est-ce qu’elle a ma Google ?! »

vendredi 1 février 2008

Heroes

Je n’ai pas vu un seul épisode de la célèbre série américaine. Ce n’est pas non plus un hommage à un disque de David Bowie. Je pense surtout à ces héros des temps modernes que sont… And the winners are : les entrepreneurs !

Je ne pense pas être mauvaise langue en disant que se lancer dans une création entreprise de nos jours en France est un acte héroïque. Le simple fait de créer une entreprise est un parcours du combattant. Et la suite est loin d’être une sinécure : tracas administratifs, URSSAF, factures, fournisseurs, développement commercial, etc. Cliché me direz-vous. Ah, si seulement c’était le cas.

Pourtant, je suis convaincu qu’un(e) entrepreneur(e) sommeille chez un grand nombre de salariés.

Le dernier numéro du magazine Management (n° 150, février 08) propose un dossier, Changer de vie, dans lequel on trouve plusieurs cas de créations d’entreprise. Le magazine donne des exemples de cadres qui ont transformé leur passion en métier, et généralement à leur compte.

Créer une entreprise nécessite une certaine confiance en soi. On doit être sûr de pouvoir renoncer au confort d’un salaire mensuel et des avantages qu’offre une société. Le créateur d’entreprise doit être doté d’un esprit frondeur qui ne se laisse pas polluer par les craintes et les ondes négatives de son entourage. Reconnaissons que la création d’entreprise effraie bon nombre de personnes de notre nation.

Avant de se lancer, on doit valider son projet. Il faut faire le point sur soi, entre autres grâce à un bilan de compétences. Il est généralement conseillé de prendre 6 mois pour peaufiner son dossier. Et on doit évaluer toutes les contraintes de son activité. Il est rare qu’un(e) entrepreneur(e) puisse embaucher tout de suite des collaborateurs. Il doit donc être polyvalent et avoir des compétences multiples. Il mettra la main à la pâte. Et ce ne sera pas marrant tous les jours.

Ce passage de la définition du mot entrepreneur de Wikipedia m’a interpellé :
« Dans la conception de Joseph Schumpeter, l'entrepreneur incarne le pari de l'innovation ; son dynamisme assure la réussite de celle-ci. L'entrepreneur, ne doit pas être confondu avec le chef d'entreprise, simple administrateur gestionnaire ou le rentier-capitaliste, simple propriétaire des moyens de production. Il est un véritable aventurier qui n'hésite pas à sortir des sentiers battus pour innover et entraîner les autres hommes à faire autre chose que ce que la raison, la crainte ou l'habitude leur dictent de faire. Il doit vaincre les résistances qui s'opposent à toute nouveauté risquent de remettre en cause le conformisme ambiant. »

L’entrepreneur(e), avant d’être un(e) aventurier(e) du monde du travail, est un rêveur pragmatique. Il aime créer et développer. Pour entreprendre, un brin d’insouciance, voire de folie, peut aider. Le propre du héros est de se lancer avec bravoure… sans réfléchir.
Mais l’entrepreneur est un héros prévoyant. Il doit préparer avec minutie son projet. Un brin d’insouciance, un projet préparé, le tout est de trouver un équilibre avec un ensemble de facteurs. L’entrepreneur est donc un héros qui réfléchit et, surtout, qui agit.

Saurez-vous écouter l’entrepreneur qui est en vous ?