Alléluia !
Alléluia ! Je n’y croyais pas mais maintenant j’en suis sûr. Dieu existe ! Il se passe actuellement quelque chose d’extraordinaire dans notre belle nation. C’est presque le retour de la Révolution mais sans la Terreur, je vous rassure.
J’ai récemment senti un changement… Non ! Un frémissement dans les mentalités.
Il y a 2 ou 3 jours, je me rasais en écoutant Europe 1 (je vous épargne les détails scabreux). Le journaliste parlait du dynamisme du marché de l’emploi chez les cadres en France - avec un taux de chômage de 3%. Il mettait en avant les difficultés de recrutement des entreprises et des cabinets.
J’ai failli me couper en entendant parler un responsable de l’APEC (Et oui je vis dangereusement !).Ce dernier disait que, pour pallier aux pénuries de cadres, les entreprises évaluent de plus en plus le savoir-être des candidats. Ouah ! J’ai vérifié si mon poste de radio ne captait pas une onde anglaise.
Mais qu’est-ce que le savoir-être me direz-vous?
Le recruteur tient compte de deux aspects majeurs d’une candidature, le savoir-faire et le savoir-être. On évalue d’abord le savoir-faire grâce au CV : formations, expériences, compétences techniques, linguistiques, etc. Puis on évalue le savoir-être du candidat lors de l’entretien de recrutement. Le savoir-être correspond aux compétences comportementales de l’individu : dynamisme, motivation, enthousiasme, ouverture d’esprit, capacité à travailler en équipe, résistance à la pression, leadership, rapport à la hiérarchie, etc.
Selon le responsable de l’APEC, les entreprises ne recherchent plus uniquement des profils formatés qui sortent d’écoles de commerce ou d’ingénieurs. Elles s’intéressent également aux candidats qui sortent de l’université, et pas seulement de cursus en économie, droit et gestion. Les recruteurs commencent à s’intéresser à des candidats qui sont issus de cursus plus littéraires.
Le professionnel du recrutement que je suis est un ardent défenseur des profils atypiques. Je tente régulièrement de convaincre mes clients, RH et managers, de recruter des profils moins normés. Et j’y arrive de temps en temps. En prônant l’évaluation de potentiels et l’importance du savoir-être, je ne cherche pas seulement à exprimer mon humanisme. Je fais écho à une logique de marché.
Les clones, candidats diplômés d’écoles de commerce ou d’ingénieurs expérimentés entre autres, sont très demandés par les entreprises. Les Baby Boomers partent à la retraite. Nous nous trouvons donc dans un environnement en pénurie sur certains secteurs. Deux solutions : une absurde et une réaliste. Soit on trouve un moyen d’imposer à tous les Français des études en écoles de commerce ou d’ingénieurs. Soit les recruteurs décident d’élargir leurs critères de sélection en évaluant les savoir-être des candidats. Cette solution réaliste se pratique très largement au Royaume-Uni.
Notre nation dispose d’un vivier de plusieurs dizaines de milliers de candidats « atypiques » qui ne demandent qu’à faire des métiers pour lesquels ils ne sont pas initialement formés. Combien d’entre-nous avons fait à 18 ans des choix d’études qui ne correspondent pas à nos professions ? Au Royaume-Uni, on peut très bien avoir une formation en Histoire Ancienne et travailler comme consultant dans un cabinet d’audit.
Pour pallier aux pénuries de cadres, il faut faire évoluer les méthodes de recrutement vers plus d’évaluation de potentiels. Centrer la sélection d’un candidat sur son savoir-être quand il n’a pas le savoir-faire requis me paraît logique, pragmatique.
Pour le moment, les recruteurs qui obéissent à cette logique sont rares. Mais je suis sûr qu’ils vont être de plus en plus nombreux à le faire. Patience.
Avant il fallait savoir-faire et faire savoir. Maintenant il faut savoir-être pour faire savoir.

4 commentaires:
Récemment, je me suis inscrit au blog de Penelope Trunk (auteur de Brazen Careerist, The New Rules Of Success).
Par la suite, j'ai fait un tour sur son profil sur LinkedIn :
-- Education : BA, History --
Une formation en histoire et pas de MBA !
Et pourtant ses idées sont très très intéressantes !
Un "clône" aura une courbe d'apprentissage avec un fort démarrage et un sentiment d'ennui rapide par la suite.
Pourquoi recruter des profils atypiques ?
# 1. Pour éviter les clônes et la myopie face à la résolution des problèmes
# 2. Pour élargir le champ des perceptions et dynamiser l'innovation
# 3. Pour envoyer des signaux aux candidats et attirer d'autres personnes "talentueuses" dans le même cas
On sait que le rythme d'innovation et du changement d'accélèrent. Certains business models émergent et d'autres tendent à stagner ou à disparaître.
L'ensemble des "savoir-faire" qui a permis à une société µ de croître et de créer des richesses peut aussi noyer dans l'obsolescence.
Et ce qui reste ? Ce sont les traits de personnalité qui permettent de rebondir, de trouver une nouvelle direction.
Ce sont ces traits qui influencent notre comportement et nos prises de décision (cruciales).
Les savoir-faire sont comme des outils. Au fir et à mesure de l'évolution d'un marché donné, seuls les plus intéressants (puissants) restent.
Pour finir, les liens entre les individus (clients, fournisseurs, collègues ...) sont relationnels et non transactionnels. Par conséquent, l'émotionnel entre en compte et les qualités sont indispensables.
Lilian
Voilà une bonne nouvelle! Vraiment. Merci, je repars pleine d'énergie.
Allez lou ya...
Enfin une nouvelle digne de ce nom ! Il était franchement temps en effet que les RH et autres managers se rendent compte que la société évolue et que le savoir faire passe aussi et surtout par le savoir être...
"Bienvenue à Gattaca" aurait donc vécu ?
Alea jacta est...
Sylve
Bonjour,
Actuellement en stage dans une agence de recrutement, je suis plus confronté à des choix soumis par la commercialisation, donc dans une approche très pragmatique, le regard se porte sur le CV "Savoir faire" et donc viens après le savoir être.
Une logique commerciale qui franchement me déplais, oriente mes choix professionnels a venir, je suis de formation de psychologie du travail et certe mon engagement va dans le sens de l'humain avant l'argent.
Ce que vous préconisez me réjouis et me laisse un peut pérplexe à l'idée où les managers et les RH vont changer d'orientation dans le recrutement de personnel vue qu'ils sont soumis aussi à cette logique de résultats qui entraine une précarité dans le monde de l'emploi.
Je pris pour que le marché du travail redevienne plus humain et que les valeurs qui nous animent soit de même, et qu'on pourra contribuer avec le peut quand entreprendra soit réalisable Inch'Allah.
Merci pour votre Blog et merci à tout le monde qui s'y intéresse.
S.Moues
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