vendredi 21 décembre 2007

Petit Papa Noël

Vous n’allez jamais me croire ! Mais je ne peux pas garder le secret pour moi. Vous me promettez que ça restera entre nous ?! Hum ! Je viens de recruter le Père Noël… la chasse de têtes la plus difficile que j’ai réalisée.

Il y a deux mois de cela, un certain Monsieur Deus avec un gros accent de Laponie m’a contacté pour me dire : « J’ai lu votre blog Coach Me If U Can. J’aime votre état d’esprit positif et votre humour. J’ai une mission à vous confier. » Amusé, je lui ai demandé de m’en dire plus : « Le dernier Père Noël que nous avons recruté a démissionné. Il a travaillé 40 ans pour nous. Il nous avait promis d’en faire 5 de plus mais il a craqué. Trop de pression sur les épaules… Bref, on ne s’y attendait pas. Il a été notre meilleur Père Noël avec une productivité incroyable. Il ne comptait pas ses heures… » Je lui ai répondu : « Monsieur Deus, je connais un médecin très bien qui pourra vous soigner et vous prescrire une cure de repos. » Et là, il m’a dit quel cadeau de Noël j’ai reçu l’année de mes huit ans, un vélo rouge.

Alors j’ai bien été obligé de le croire. Et j’ai finalement accepté la mission.

Monsieur Deus m’a envoyé la définition de poste du Père Noël par e-mail. Je ne peux pas vous en dire plus, c’est top secret. Après de mûres réflexions, j’ai commencé ma chasse. J’ai cherché des profils sur les bases de CV de Monster, de Keljob, de Cadremploi et de l’APEC. J’ai également jeté un coup d’œil sur les différents réseaux sociaux : Viadeo, Linkedin. J’ai même continué dans Facebook.

J’ai contacté plusieurs dizaines de candidats. Pas facile d’identifier le Père Noël idéal. Plusieurs candidats m’ont demandé s’il y avait des RTT. D’autres souhaitaient rester aux 35 heures. J’ai expliqué à maintes reprises que le métier de Père Noël ne dépend pas du droit du travail français. Et puis, vous imaginez bien qu’il ne travaille pas que les 24 et 25 décembre. Il y a toute la phase de production. Il faut gérer des centaines d’elfes.

Plusieurs candidats avaient dirigé des usines mais ils n’étaient pas mobiles. Certains avaient le vertige. D’autres étaient claustrophobes. Passer par la cheminée n’est pas donné à tout le monde.

En plus, il faut supporter la Mère Noël. Elle n’est pas facile à vivre. C’est un boulot à plein temps qui implique un vrai don de soi.

Je me suis battu pour aller jusqu’au bout de la mission. J’ai cherché des candidats sur tous les continents. J’ai testé les HO HO HO de tellement de personnes que j’ai eu l’impression de vivre avec le Père Noël. Le métier de consultant en recrutement n’est pas évident.

J’ai finalement trouvé un Père Noël disponible les 24 et 25 décembre 2007. Il a réussi à négocier son préavis pour venir à temps. Ouf ! Je suis soulagé.

Je ne peux pas vous en dire davantage. Je compte sur votre discrétion. De toute façon, vous le rencontrerez dans quelques jours… si vous avez été sages.

Bonnes fêtes à tous !

vendredi 14 décembre 2007

Je vous trouve très beau

Je ne vais pas vous parler du film d’Isabelle Mergault. Je vais plutôt vous parler de télévision où j’ai vu un reportage sur la Chine. Vous savez, ce pays démocratique qui applique les meilleures valeurs du capitalisme. Mais non ! Mais non ! Je ne suis pas adepte du mauvais esprit. Bref, tout ça pour dire que j’ai découvert des pratiques de recrutement à l’humanisme vaporeux et incertain.

S’il y a bien un talent que nous pouvons accorder à la Chine, c’est qu’elle ne s’encombre pas de scrupule pour appliquer ses théories. Dans ce reportage, on voit des managers de sociétés chinoises demander à des femmes leur taille. Ils ne recrutent pas de femmes mesurant moins d’1m70 (si mes souvenirs sont justes). Ils veulent également de belles femmes et si possible débridées (grande tendance esthétique en Chine). Pourtant, ce ne sont pas des recrutements de top models. Il s’agit de postes qu’on trouve traditionnellement en entreprise.

Dans ce reportage, nous voyons des demoiselles se faire opérer pour gagner quelques centimètres ou pour se faire débrider parce que c’est bon pour leur carrière. Selon elles, la beauté leur permettra de réussir.

Les sociétés chinoises veulent des gens beaux, grands et débridés dans leurs bureaux. Elles sont convaincues que c’est bon pour leur croissance. Tous ces critères font froid dans le dos. Ils me font penser à l’idéologie d’un petit moustachu brun qui a fait croire à tout un peuple que les grands blonds … bip ! Je ne souhaite pas entrer dans une réflexion historique ou géopolitique. Mais un tel sujet de reportage me fait cogiter sur mon métier : les Ressources Humaines.

En France, avec de tels agissement, la HALDE aurait déjà crié au scandale depuis longtemps et violemment condamné de telles entreprises. Et elle aurait raison.

Selon l’article de Wikipédia sur la discrimination à l’embauche :

Un candidat au visage éloigné des canons de la beauté a 29 % de chances en moins d’être convoqué à un entretien d’embauche. Mais derrière ce résultat moyen se cache des situations bien différentes. En effet, le physique joue beaucoup sauf pour les postes d’ouvriers.
Je ne veux pas faire de démagogie. La nature humaine fait qu’entre 2 personnes de niveau équivalent (diplômes, expériences, compétences), on a tendance à choisir celle ou celui qui a le physique le plus avenant. L’être humain n’est pas parfait. Il a seulement le devoir de contrôler ses pulsions et ses passions. Surtout quand il est dans son rôle professionnel.

J’aime bien lancer des idées un peu poil à gratter. C’est sain pour la réflexion. Mais la situation précédente est particulière. Il est évident qu’un professionnel du recrutement doit baser ses critères de sélection sur un parcours et des compétences. Toutes les formes de discrimination sont condamnables.

J’ai encore envie de m’amuser un peu avec les idées. Soyons absurdes ! Imaginez la situation suivante : Un recruteur face à une femme ou un homme expérimenté(e) lors d’un entretien d’embauche : « Vous êtes Directeur Administratif et financier depuis 10 ans. C’est bien mais est-ce que vous seriez prêt à mettre des lentilles pour avoir les yeux verts ? Nous ne recrutons que des personnes qui ont les yeux verts. On trouve ça plus joli. »

Vous pensez que c’est impossible ! Pourtant, certaines pratiques n’en sont pas loin.
Regardez ma photo sur la colonne de droite. Est-ce que vous croyez que j’ai une chance de me faire recruter par une entreprise chinoise ?



Sur le sujet de la discrimination à l’embauche, je vous invite également à lire le billet du blog Formateur-Consultant de Sylve : http://slauro.blog.pacajob.com/index.php/post/2007/12/04/Prevention-des-discriminations-a-lembauche

vendredi 7 décembre 2007

Le management en fête !

Après la fête des mères, la fête des pères, la fête des grands-mères (merci au fameux café !), instaurons la fête du management ! Ah ah ! Idée tellement saugrenue qu’on ne pourrait même pas en faire un canular. Imaginez une fête où les managers mettraient nonchalamment leurs pieds sur leur bureau en sirotant du Champagne. Surréaliste ! Hum… enfin… Ça peut arriver à certains.

Je veux aborder un sujet très sérieux – Si si ! Croyez-moi. La fête, c’est aussi un outil de management. Vous allez penser que je n’ai pas envie de travailler en cette veille de fêtes de fin d’année. Mais ce n’est pas de moi ! Il s’agit du titre d’un article du magazine Management1 écrit par Lionel Bellenger. Ce monsieur est un éminent Maître de conférences de HEC. Vous voyez bien que ce sujet est sérieux !

Ceux qui lisent mon blog de temps en temps savent que je suis un farouche partisan de la convivialité en entreprise. Je ne pouvais que me réjouir en lisant cet article. L’auteur nous explique que la fête est « idéale pour remercier et motiver ses équipes ». Il précise qu’il n’y a pas de place pour l’improvisation. Une mauvaise fête reste dans la mémoire des ses collaborateurs. Une fête bien organisée montre que les managers reconnaissent et prennent au sérieux les compétences de leurs équipes. Spectacles, cours de cuisine, karting, paint ball, il faut être original et surtout bien préparer l’événement. Les managers doivent surtout choisir le bon moment (pas de fête après un plan social) et le bon endroit (pas de restaurant 3 étoiles après des refus d’augmentation).

Certains groupes n’hésitent pas à dépenser de 6 000,00 à 20 000,00 € pour offrir des événements festifs à leurs collaborateurs.

La fête dans l’entreprise fait office de rituel.

L’aspect collectif et convivial de la fête est indéniable. Les différents collaborateurs peuvent communier dans une atmosphère détendue. La fête permet de renforcer la cohésion d’équipe nécessaire à l’entreprise. On peut parler de Team Building. Les grands groupes organisent parfois des séminaires à l’étranger dans de grands hôtels. Ils mêlent conférences, jeux, sport collectif le jour et fête la nuit avant de démarrer une nouvelle saison, de lancer un nouveau produit ou de mettre en place une nouvelle organisation.

La fête dans l’entreprise a des vertus « médicales » - j’exagère… un peu.

Parmi les grands maux du monde de l’entreprise : le manque de reconnaissance des salariés. Ce qui provoque des frustrations et des souffrances. Le manager qui remercie ses équipes en leur offrant une fête fait bien son métier. Je ne dis pas que la fête règle tous les problèmes. La fête n’est pas un anxiolytique ni une solution unique. Mais elle représente un peu de répit dans un univers très compétitif. Un moment où on souffle avant de retourner sur le marché défendre les couleurs de son entreprise.

Un manager ne peut pas constamment mettre la pression sur ses collaborateurs sans jamais leur offrir des moments de joie et de convivialité.

Un de mes clients sabre le champagne chaque fois qu’un de ses commerciaux signe un gros contrat ou que son équipe dépasse ses objectifs. Il trouve ça motivant et stimulant. Bien sûr la fête arrosée est à consommer avec modération. Trop de fêtes tuent la fête !

Une petite note destinée aux mauvaises langues : la fête est un outil de management parmi d’autres. Il est à utiliser avec pincettes et précaution. Les meilleures formes de reconnaissance dans l’entreprise restent le salaire, la promotion interne, la capacité d’écoute des managers et la formation.

Alors qu’est-ce qu’on attend pour être heureux, qu’est-ce qu’on attend pour faire la fête ?!

1 Management, Décembre 2007, p88



Certains lecteurs m’ont demandé des nouvelles de Séverine, la candidate que j’ai « vendue » dans un billet de mon blog : Que la lumière soit.

Elle a passé 2 entretiens pour un poste dans une société d’assurances de la région lyonnaise. Elle attend impatiemment une réponse qu’elle devrait avoir la semaine prochaine. Je vous tiendrai tous au courant.