vendredi 23 novembre 2007

Ah, je ris…

Ah, je ris de me voir si… professionnel en ce miroir. J’espère que la Castafiore me pardonnera cet emprunt tiré par les cheveux. Je trouve qu’on ne rit jamais assez dans la vie. D’ailleurs, il existe des thérapies par le rire. Ça prouve qu’il ne faut pas trop plaisanter avec ce sujet.

C’est un sujet sérieux. Suffisamment sérieux pour qu’un rédacteur du mensuel Enjeux Les Echos, Lionel Steinmann, écrive l’article, Le rire au travail, c’est du sérieux, dans le numéro de novembre 2007. Il nous éclaire avec talent sur l’importance du rire dans le monde professionnel.

Le rire fait partie du « savoir-être » cher aux managers et recruteurs. Ceux qui font rire savent réunir et fédérer. Si vous connaissez quelqu’un qui aime travailler avec des collègues tristes, aigris ou bougons, n’hésitez pas à me communiquer l’info. Je suis preneur de tout type d’absurdité.

Dans le monde de l’entreprise et des affaires, il faut savoir manier le rire avec subtilité. Les Américains l’utilisent généralement de manière méthodique et codifiée. Le rédacteur d’Enjeux parle du fameux Ice Breaker qui consiste à lancer une blague avant chaque réunion. Le rire permet parfois de faire passer des messages difficiles à ses interlocuteurs et de dédramatiser certaines situations.

Le rire, un outil de management ? Oui mais à manier avec précaution. Vous connaissez le dicton ? « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui » et, comme ajouterait l’éternel Pierre Desproges, « pas avec ses subordonnés ». Il faut bien identifier son interlocuteur avant de dégainer sa blague. Encore une lapalissade ?! Non, seulement un peu de bon sens applicable dans toutes les relations humaines.

J’ai failli intituler ce billet « Dictature de la bonne humeur » suite à la réflexion d’un manager que j’ai connu au début de ma carrière. Il avait la volonté de diffuser de gré ou de force la bonne humeur dans son service. Il ne comprenait pas qu’un membre de son équipe impose sa mauvaise humeur aux autres. Il trouvait cela contre-productif. Il était capable de le prendre à part pour lui dire sans hausser le ton que son comportement était inadmissible.
Il donnait l’exemple à son équipe en lançant régulièrement un bon mot à des moments clés de la journée – et toujours avec le sourire. On peut faire rire en restant professionnel et rigoureux.

Dans un contexte très compétitif où le stress est constant, le rire permet de prendre du recul. Le bon manager est celui qui sait alterner une pression positive nécessaire à la productivité et le rire pour détendre l’atmosphère. Tout est question d’harmonie. Facile à dire. Plus difficile à appliquer.

Le rire peut imprégner l’atmosphère de tensions et de souffrances. Je pense au rire moqueur. Celui qui s’attaque et qui blesse ses collaborateurs. Je pense également au cynisme. Forme d’humour très appréciée dans notre nation. Le cynisme est particulièrement efficace pour briller en société. Mais je le considère comme ravageur et négatif dans le monde de l’entreprise. Il ne permet pas d’avancer et de construire.

En ce qui me concerne, je suis adepte des bons mots qui instaurent une ambiance conviviale et chaleureuse. J’apprécie également l’autodérision qui prouve qu’on a tous des faiblesses et des défauts. Il n’y a pas de mal à les assumer. L’autodérision nous rend humain.

Bref, le rire bien utilisé permet de diffuser la bonne humeur et de dédramatiser les situations difficiles que traverse l’entreprise.

Alors rions ensemble !

5 commentaires:

Gilles a dit…

Je confirme, mes managers qui m'ont le plus marquéIl est bien rare que je réponde sur un blog, mais à la lecture de celui-ci on sent une vraie passion, c’est un bonheur à lire, Bref cet article m’a interpellé car de l’ensemble des managers que j’ai eu ceux que je retiens, ceux qui m’ont appris mon job, ceux avec qui je reste en contact même longtemps après sont ceux qui aux moments souvent critiques ont réussis à d’étendre l’atmosphère.

Je prendrais aussi comme exemple un de mes profs, ma meilleure année je la dois à un prof qui se permettais de nous raconter des blagues en cours c’est que 4 heures de cours à la suite pouvait nous réduire a l’état d’épave mais avec lui on en redemandais.

C’est comme même mieux de se faire manager et de manager par l’humour et en plus c’est bon pour l’entreprise et l’esprit d’équipe et à mon avis on y gagne aussi en respect.

Gilles

Anonyme a dit…

Frédéric,
Je vais finir par passer pour la ronchon de service, après le handicap, les femmes... Mais je me demande comment vous avez pu entendre le "e" de subordonnéEs" dans le texte de Desproges. A moins bien sur que vous ne disposiez du texte déposé à la SACEM.
Je déclare que tout cela m'amuse au plus haut point!
véronique

Le blog de Frederic Makhlouf a dit…

Oups! Mea culpa. Je viens de corriger cette faute de frappe impardonnable. Comme disent souvent Astérix et Obélix :"Errare humanum est".

Sylve Isis a dit…

Voir mon dernier post :
http://slauro.blog.pacajob.com/index.php/post/2007/11/24/Et-quand-tu-ris-Je-ris-aussi

véronique a dit…

allez pour rire, je vous invite à aller faire un tour sur www.editions-zones.fr, rubrique lettres de non-motivation de l'artiste Julien Prévieux