Fidélité
Je voudrais parler de la fidélité en amour… Oups ! Pardon. Ce sera pour une prochaine fois. En fait, je souhaite aborder le sujet de la fidélité des salariés à leur entreprise – ou plutôt de leur infidélité grandissante.
Mon métier de consultant RH fait que je lis énormément de CV. Et je remarque que les candidats ont de moins en moins une expérience supérieure à 5 ans dans la même société.
La génération X a connu pendant les années 90 une précarisation de l’emploi – d’où le manque de longévité dans la même société. La génération Y est plus « volatile » et mobile pour x raisons et facteurs. Je remarque très fréquemment un cumul de plusieurs petites expériences de 2 à 3 ans sur les CV.
Il fut un temps où les recruteurs y voyaient un manque de stabilité pathologique. Certains d’entre eux - pour ne pas dire nombreux - vivent encore dans ce passé. J’avoue qu’il m’est arrivé de dire à un candidat : « Vous voulez déjà quitter votre poste au bout d’1 an et demi à peine !!! » Personne n’est parfait.
En somme, la bonne vieille entreprise dirigée par un patron paternaliste où les salariés gravissent tous les échelons pendant toute leur carrière devient une denrée rare.
Pourtant, des statistiques de l’APEC indiquent que 53% des cadres restent plus de dix ans dans la même entreprise (cf. article Rester fidèle à son entreprise : avantages et inconvénients, in Courrier Cadres de Novembre 2007). Je suis convaincu que ce chiffre va évoluer… à la baisse. Je n’ai pas vu de CV de personnes qui dépassent les 10 ans dans la même entreprise depuis le bug de l’an 2000. J’exagère… un peu.
On accuse la nouvelle génération qui arrive sur le marché d’être une génération zapping. Pourtant, de l’autre côté de la Manche, rester trop longtemps à un poste révèle un manque d’ambition. Ce qui surprend en France serait donc la norme au Royaume-Uni. Ah, la culture et les couleurs, ça ne se discute pas selon certains ! En ce qui me concerne, je suis un partisan du dialogue et de la réflexion.
Le/la salarié(e) n’est plus marié(e) avec son entreprise. Je vous annonce leur divorce. Pardonnez-moi cette inoffensive cruauté.
Lors des entretiens de recrutement, je réalise que le salaire n’est pas forcément le 1er centre d’intérêt. Les candidats veulent des missions passionnantes, développer leurs compétences, du challenge, etc. Certaines personnes n’hésitent pas à se remettre en cause et à changer d’horizon professionnel. Je leur dis bravo.
Aujourd’hui, au bout de 3 à 5 ans d’expérience professionnelle, les candidats me disent souvent qu’ils ont fait le tour de leur poste et qu’ils s’ennuient. Est-ce un mal ? Est-ce un bien ? Je ne veux pas juger. J’estime que c’est dans l’ère du temps. La mobilité va sans doute être la modernité. Les entreprises s’arrachent probablement les cheveux. Elles sont obligées de s’adapter à cette tendance.
Lors des rencontres Focus Rh du mardi 16 octobre au Palais des congrès à Paris, j’ai assisté à une conférence sur la fidélisation des salariés. Les DRH sont conscients de la nécessité de fidéliser leurs salariés. Il s’agit là d’un enjeu économique de taille. Ils comprennent peu à peu l’importance d’intégrer le candidat et de le suivre avec attention tout au long de sa carrière. Tous ces moyens ont un coût certain. En revanche, elles sont un investissement nécessaire.
Bienvenue dans l’ère du gagnant-gagnant !
Parenthèse sur Séverine, la candidate que je 'vends' sur mon blog :
L’entretien que j’ai obtenu à Séverine avec la RRH d’une société d’assurances s’est bien passé. La responsable RH et Séverine ont trouvé un terrain d’entente. Il y a de bonnes chances que ça aille plus loin. Je vous en dirai plus prochainement. Croisons les doigts pour Séverine.

3 commentaires:
En tant que futur diplômé d'école de commerce, je ne peux qu'acquiescer votre analyse. Nous sommes entrés dans l'ère de la mobilité, et je suis intimement convaincu que le changement ne peut être que bénéfique pour tous, salariés et entreprises. La richesse est dans la diversité, et la diversité ne s'obtient pas dans l'immobilité.
Je partage cette analyse pour avoir vécu personnellement les changement des années 90 et aussi le choc de l’an 2000.
J’ai eu la chance de travailler a mes début au seins d’entreprise ou les politiques de gestion a moyens termes permettait plus de s’investir pleinement et de se voir évoluer avec l’entreprise.
La rentabilisation à outrance justifiée souvent par les demande de résultats des investisseurs, ainsi que la polyvalence extrême recherchée demande des remises en cause constantes aux cadres toute en ayant une insécurité dans l’entreprise.
Les politiques d’entreprise ont crées des individus malléables et polyvalent qui deviennent mobiles pour eux mêmes évoluer et capitaliser sur eux plutôt que dans des entreprises qui n’ont pas cherchés à les fidéliser en les considération parfois comme des produits de consommation.
Les cadres s’adaptent et deviendrons de plus en plus des créateur individuels pour avoir l’assurance que leur implication sera payante à terme…
Je souhaite voir pour ma descendance un rééquilibre entre les employeurs et les employés sur un mode gagnant gagnant qui permettra de voir naître des vrais partenariats de confiance en prenant en compte aussi les besoins et attentes professionnels des employés.
Je suis tout à fait d'accord avec Eric. Le salarié ne retrouve pas toujours ses besoins de qualité de vie satisfaits au sein de l'entreprise. La qualité du contenu du travail en fait partie et arrive en 2ième position d'après l'Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail (anact). Je trouve que cette demande est bon signe: un salarié qui demande un contenu de travail de qualité est aussi un salarié qui a envie de s'investir.
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